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 Une Tombe...

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MessageSujet: Une Tombe...   Jeu 27 Aoû 2009 - 12:00

PS : Il s'agit d'un texte que j'avais écrit à l'origine comme présentation d'un perso d'une campagne JDR Conan D20 (d'où qqs détails un peu lourds sur l'équipement et les objets en ma possession)...Je l'ai adapté ensuite pour WarHammer Online...Je n'ai pas fait de modifs depuis et vous le livre tel quel ...

"Les voies qui mènent à Sigmar sont nombreuses. Sa vérité peut se révéler à quiconque le mérite et seul lui peut choisir les hommes et femmes qui lui sont dignes..." Histoire de Saat Tome II chapitre VI


Dans la nuit embrumée de Brionne, Saat courait à perdre haleine. Il avait joué, et cette fois, il avait perdu ! Gros! Le Gouverneur Aleb II, 26ième de la dynastie De Jolensac n'était plus, assassiné par les lames vengeresses de chevaliers noirs. Un rival au dessus de tout soupçons était sûrement derrière cela mais à quoi bon ? Saat n'avait ni le temps ni les moyens de le prouver...Il savait surtout que la vermine n'allait pas tarder à faire son office. D'un moment à l'autre, la ville allait être purgée. Pour les fidèles d'Aleb, cette dernière nuit serait courte.
Son nombre d'heures compté et aussitôt la nouvelle connue, Saat avait donc quitté le plus discrètement qu'il soit sa demeure avec la ferme intention de fuir la ville.

Oh certes, il n'avait pas rejoint les rangs d'Aleb de gaité de coeur. C'était bien sûr contraint et forcé qu'il était entré au service du Gouverneur.
Pendant bien des années, il avait suivi le dicton que tout bon voleur se doit de respecter s'il veut rester en vie : « Se servir sans servir ! ».

Mais la vie en avait hélas décidé autrement. Et en lieu et place de la corde à huit noeuds Aegosienne, il était entré au service d'Aleb. Il n'avait, Saat le reconnaissait, jamais regretté son choix. De toutes manières, s'il avait refusé, il serait mort depuis trois ans déjà. Alors qu'en servant Aleb, son train de vie, on ne pouvait le nier, s'était grandement amélioré.

De petit voleur indépendant vivotant à la petite semaine et risquant pour le moindre délit la hache des Adranas, Saat était devenu un des voleur du Gouverneur les plus appréciés. Volant sur commande tout objet ou document important aux yeux du maître de Brionne, il pouvait en contrepartie se servir librement dans les demeures, souvent forts riches, qu'on lui soufflait de visiter. Il pouvait même, si cela tournait mal, éliminer quiconque le surprenait dans son travail.
Disposant de laissez-passer à sa guise, plus aucun quartier de Brionne ne lui était interdit. Même la ville haute, surtout elle d'ailleurs, lui était désormais accessible. Saat en avait aussi profité pour dénoncer au Gouverneur ses confrères les plus entreprenants. Il s'était ainsi réserver un quasi-monopole sur les rues qu'il appréciait le plus.
Au vu des bénéfices qu'il avait engrangés durant ces trois ans, qui n'en aurait pas fait autant ?

Mais son métier et son zèle ne lui avait pas attiré que des amis, loin de là. Et si les morts ne le souciaient pas, ceux qu'il avait laissés en vie lui paraissait, alors qu'il dévalait les escaliers de la passe d'Imog, bien trop nombreux ! Saat s'en voulut d'être né si bon. D'autres à sa place auraient certainement bien mieux profité de la situation.

« Maudit soit le Chaos! », dans la précipitation, Saat n'avait pu emporter le pécule qu'il s'était mis de coté. De toute façon, il était désormais trop tard pour se faire des reproches. La roue avait tournée et il n'importait plus à Saat qu'une chose : sortir de Brionne en vie. Un reflet sur la lame d'une dague le fit ralentir. Un homme était apparu au détour d'une ruelle et se dirigeait droit sur lui. Nul doute qu'un comparse se faufilait déjà dans son dos. Il connaissait que trop bien ce genre de pratique. Saat jeta un regard de coin et pris en un instant sa décision. Dans un éclair, il se saisit de l'amphore d'urine posée à main droite. On en trouvait tous les dix pas dans les rues de la ville-basse permettant aux plus ivres de se soulager régulièrement et proprement et celle-ci tombait à pic. Il la jeta sur l'homme venant sur lui qui ne put réprimer un geste pour s'écarter. Saat en profita et fonça. A raison car des pas pressants se firent immédiatement entendre sur ses talons. Il courut de toutes ses forces, droit devant lui, plongeant dans les rues du Maul de Brionne. La chasse était lancée, et Saat le savait, désormais, il ne pouvait compter que sur lui-même.

Collé au mur, tous les sens de Saat étaient en éveil. Il avait réussi à plonger dans une cour intérieure alors que ses poursuivants l'avaient momentanément perdu de vue. Du moins l'espérait-il. Car dans le cas contraire, il serait pris comme un rat. Il avait repéré cette petite cour quelques jours auparavant. Par chance, malgré un sens de l'orientation qu'il savait plus que mauvais, il avait à la lueur d'un reflet de lune reconnu l'endroit. La cour était située en contrebas d'une ruelle. Un mur d'un peu plus d'un pas de haut longeait la ruelle et la courette apparaissait quelques coudées en dessous, baignée par du lierre qui avait envahi les quatre murs attenant.

Saat demeura là sans bouger de longues minutes. La courée n'était pas bien grande et permettait seulement à ses propriétaires d'y étendre leur linge de tous les jours. Une porte quelconque ayant déjà bien vécu donnée sur la demeure voisine et permettait à n'en pas douter de rejoindre la rue sans monter dans le logis. A en juger par les braies qui pendaient là, la maitresse de maison devait être fortement bâtie. Saat retrouva un instant son sourire. S'il parvenait à rester caché jusqu'au petit matin dans son abris de fortune, il pourrait sans peine sortir de la ville au grand jour. Accoutré en lessiveuse, il mettait quiconque au défi de le reconnaître, y compris sa propre mère.

Saat avait quitté Brionne sans encombres majeures. Le passage le plus délicat fut celui, fort gardé, du court tunnel d'entrée dans la ville. La voûte d'accès était creusée dans les remparts et on ne peut plus étroite. Des gardes, fraîchement nommés en surveillaient déjà l'accès. Une heureuse coïncidence aida cependant Saat. Au moment où il décidait de tenter sa chance, l'attention des gardes se porta sur un homme qui avançait d'une démarche peu assurée. Un ancien haut dignitaire, proche conseiller d'Aleb fut rapidement reconnu et quelques gardes commencèrent un tabassage en règle sous le regard amusé de leurs camarades et de quelques badauds.

Saat profita de l'instant. Oh, certes il avait pleinement confiance en son déguisement. Ce n'était pas la première fois qu'il usait de ce stratagème. Mais Saat n'était pas contre un petit coup de pouce du destin de temps en temps. Et puis Sigmar ne l'avait pas ménagé depuis la veille. C'était un juste retour des choses que la chance lui sourit enfin.

La ville était loin derrière lui lorsqu'il jugea pouvoir déposer ses frusques de bonne femme et effacer les traces de maquillage subtil qui les accompagnaient. Il retrouva avec un plaisir non dissimulé la tenue de cuir léger qu'il s'était faite tailler sur mesure. Saat était habile de nature et veillait à ce que sa tenue de travail ne le gêne en rien. Détail qu'avait parfaitement saisi le tailleur réputé chez qui il n'était pas entré par la porte habituelle.

Contre la garantie que le voleur ne le visiterait plus de l'année, l'homme s'était empressé de se mettre à l'ouvrage et n'avait pas lésiné sur la qualité. Du cuir noir d'Arnheim pour les cuissardes et la veste, de la soie d'araignée Adhar pour les pantalons et la chemise. Enfin une ceinture à la mode Bordeleause dans laquelle Saat glissait son épée courte complétait l'ensemble.

Il avait également veillé à ce que de nombreuses poches discrètes soient aménagées afin de dissimuler quelques fruits de rapines. C'est ainsi que Saat sentit dans la doublure de sa veste un objet, récolte d'un méfait depuis longtemps oublié. Il chercha et eu le plaisir de découvrir une bague de bonne qualité dont il se faisait fort de tirer un bon prix sur les marchés plus au sud. Décidément, il était revenu dans les bons sentiments de Sigmar. Sartosa était la première destination qui lui était venue à l'esprit. La cité des pirates ne pouvait que l'accueillir d'un bon oeil, enfin normalement. De toutes façons, Saat n'avait pas l'intention de s'y attarder trop longtemps. Il comptait rapidement s'éloigner. Sa région d'adoption lui paraissait à présent trop étroite et il avait besoin de grands espaces, surtout en ces temps troublés. Saat se serait éloigné dans l'instant mais un tel voyage ne s'improvisait pas.
Il devait rester quelques heures de plus dans les environs. Le temps de faire un dernier détour vers le cimetière de la Passe des Ombres..

La Passe des Ombres était une ancienne cité abandonnée bien avant la fondation de Brionne. La légende racontait qu'un incendie avait dévasté la ville. Une dispute entre deux soeurs amoureuses du même homme serait même à l'origine du désastre. Saat songea en dépassant les premières ruines que le fameux dicton sur les femmes Brionne était à peine exagéré.

Il ne restait plus de l'antique cité que des amas de pierres de part et d'autre d'un vague chemin qui devait en un temps lointain servir d'artère principale à la ville. Des touffes d'herbes séchées parsemant un sol de rocaille rouge, des bourrasques de poussières accompagnées du cri du vent accueillaient le visiteur bien mal inspiré. Saat connaissait bien ces ruines pour y être venu plusieurs fois déjà.

Elles avaient à son sens deux avantages. Tout d'abord, elles n'étaient pas trop éloignées de Brionne, moins d'une demi-journée à pied tout au plus, mais suffisamment toutefois pour décourager d'éventuels poursuivant. Surtout, elles souffraient d'une mauvaises réputation parmi les habitants. Beaucoup les croyaient hantées. Deux qualités qui ne pouvaient qu'inciter Saat à s'y aventurer. D'une part pour vérifier si la peur de ses concitoyens était justifiée, on ne sait jamais, mais plus précisément pour examiner s'il ne pourrait pas y aménager une cache utile en cas de coup dur.

L'idée lui avait été soufflée autour d'un verre par une connaissance qui se vantait de pouvoir disparaître de la circulation en moins de trois heures si nécessaire : « notre métier est exigeant, on ne peut avoir confiance en personne, et assurer ses arrières est pour nous un besoin vital » qu'il disait. L'homme était mort moins de deux jours après, une dague entre les omoplates... L'histoire pourrait prêter à sourire mais Saat avait pris la conversation au sérieux. Et rapidement il s'était enquis de trouver une retraite acceptable.
Les ruines de la Passe des ombres auraient pu faire l'affaire mais Saat avait estimé que le cimetière de la cité serait encore plus propice pour se cacher paisiblement. Quoi de plus effrayant qu'une ville hantée ? Le cimetière d'une ville hantée bien évidemment. Saat avait longé le chemin principal par un petit sentier situé à main gauche qui s'aventurait à l'intérieur des ruines. De là, il pouvait vérifier l'état de quelques pièges et marques qu'il avait disposé tout au long de la rue principale et qui l'informaient sur la venue d'éventuels visiteurs durant son absence. Le cimetière apparaissait au bout du chemin. Deux anciennes colonnes, socles de deux statues de déesses macabres aujourd'hui décapitées marquaient l'entrée d'un mur d'enceinte depuis longtemps effondré. Des tombes à perte de vue révélaient l'importance de l'ancienne cité. Les tombes étaient toujours disposées en rangées bien alignées, témoignage du soin que les hommes du coin avaient toujours accordé à leurs morts. La plupart des tombes étaient composées de simple dalles de pierre noire allongées à même le sol et couvrant la sépulture. Quelques tombeaux, depuis longtemps pillés, témoignaient encore de la richesse de certaines familles qui se reflétait même au delà de la mort. Saat s'enfonça dans le cimetière et chercha sa tombe. Il l'avait minutieusement choisie. Rien ne semblait la distinguée des autres, si ce n'est un détail connu de lui seul qui lui permettait de la retrouver sans trop de difficulté.

La nuit n'allait pas tarder et l'endroit devenait véritablement lugubre. Mais Saat se sentait bien. Non pas qu'il soit comme ces fanatiques qui trouvaient bon de se réunir dans les cimetières pour prier au plus près des morts et invoquer on ne sait quels démons. Simplement, il savait que quelques instants plus tard, il serait confortablement installé et pourrait passer une nuit agréable. Saat jeta un regard derrière lui. La nuit était désormais là et on ne voyait pas à dix pas mais il préféra s'assurer une dernière fois qu'il était bien seul. Il saisit alors un rebord précis et la dalle de la tombe glissa sur le coté. Il vit quelques pied plus bas le sarcophage de bois blanc. Tout semblait en ordre. Saat souleva le couvercle du sarcophage et s'allongea à l'intérieur. Une fois en place, il réajusta la dalle de pierre puis le couvercle de bois blanc. Être ainsi allongé lui donnait toujours une étrange impression. Comme s'il connaissait à l'avance ce qui l'attendait dans le monde des morts. Il ne préféra cependant pas s'attarder, de peur d'y prendre goût peut-être. Il fit pression avec ses pieds sur un coté du sarcophage qui pivota et lui permit d'accéder à une galerie.
Celle-çi avait été creusée à coup sûr par des pilleurs de tombe qui avaient réussi à s'introduire dans l'un des fameux tombeaux tout proche. Si les morts étaient l'une des rares choses que les Brionniens respectaient, ils savaient pertinemment que nombre de leurs voisins n'étaient pas aussi dévots et n'hésitaient pas à venir profaner leurs sépultures. Attirés qu'ils étaient par les légendaires richesses que les morts Brionniens emportaient avec eux. D'où une tendance qui au fil des siècles fit ressembler les tombeaux et certaines tombes de la région à de véritables coffre-fort. Pas de porte, pas d'ouverture, une pierre dure souvent fort épaisse, tels apparaissaient de nombreux caveaux.
Celui que Saat rejoignait par cette galerie n'avait cédé que par l'ingéniosité des pillards qui avaient pu creuser un tunnel s'enfonçant sous le caveau. Saat avait découvert la galerie, l'avait reliée à une tombe toute proche et avait fait effondré et dissimulé le reste. Son travail, le temps et la végétation avaient été efficaces car même lui ne savait plus où l'ancienne galerie des pillards débouchait auparavant. Le caveau faisait une cachette idéale. Il était spacieux, tempéré et Saat l'avait aménagé au fil des temps à sa guise. Un tapis de Talabheim en recouvrait le sol et un lit simple mais confortable permettait de s'y reposer. Des denrées pouvant être facilement conservées étaient disposées dans plusieurs tonneaux : figues et oranges séchées de l'Empire, pain de route.. Saat ne risquait pas de mourir de faim. Une table basse à la mode Albionne et quelques coussins permettaient de s'asseoir et de déjeuner confortablement. Des livres d'histoires Brionne étaient disposés sur une longue étagère. Saat ne les avait jamais ouvert mais les avait emportés alors qu'il visitait une bibliothèque richement dotée. Il avait alors songé qu'il pourrait être amené à passer quelques temps dans son abris et qu'il devrait bien trouver une occupation. Enroulées dans de l'étoffe, des dagues et deux épées courtes accompagnaient quelques instruments propres aux voleurs Brionniens. Enfin, dans un endroit reculé, aussi secret que possible, une cachette abritait ce qui devait permettre à Saat de gagner la frontière de terres moins hostiles...
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